Pourra-t-on bientôt privilégier les producteurs locaux dans les marchés de restauration collective ?
Des propositions de loi en cours d’examen visent à libérer enfin la possibilité d’utiliser un critère de localisation géographique dans l’attribution des marchés publics de restauration collective. Ces textes répondent à une contradiction majeure : les collectivités veulent acheter local mais n’ont actuellement pas le droit de l’écrire dans leurs marchés, au nom du principe de non-discrimination entre opérateurs économiques.
Un constat : la loi Egalim ne suffit pas.
Malgré l’obligation d’atteindre 50 % de produits durables et de qualité (dont 20 % de bio) dans la restauration collective publique, les résultats en matière de relocalisation de l’approvisionnement restent insuffisants. Le dispositif actuel favorise paradoxalement des produits importés labellisés au détriment de productions françaises de proximité non labellisées mais conformes aux normes nationales.
Les évolutions envisagées.
Deux propositions de loi (n° 2105 et n° 2088, déposées en novembre 2025) proposent :
- un objectif renforcé : introduire une part minimale de 80 % de produits issus de circuits d’approvisionnement à ancrage territorial fort.
- une préférence géographique assumée : autoriser les acheteurs à conclure des marchés à bons de commande pluriannuels directement avec des producteurs agricoles, groupements ou coopératives situés dans un rayon maximal de 250 kilomètres.
- une dispense de mise en concurrence : jusqu’à 100 000 € HT par an et par fournisseur pour ces marchés de proximité.
- des critères environnementaux : la possibilité de privilégier la zone de culture ou de première transformation au plus proche du lieu de consommation final.
- un dispositif de transparence : via la publication annuelle d’un rapport précisant la part des approvisionnements locaux et l’empreinte carbone estimée.
L’enjeu.
Avec près de 20 milliards d’euros d’achats alimentaires annuels, la restauration collective publique représente un levier majeur pour soutenir les productions nationales, réduire les émissions de gaz à effet de serre liées au transport et garantir une juste rémunération des agriculteurs.
Attention ! Ces propositions sont en cours d’examen parlementaire. En attendant leur éventuelle adoption, les règles actuelles de la commande publique continuent de s’appliquer.
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