Le 8 juillet 2025, la commission d’enquête sur les coûts et les modalités effectifs de la commande publique (et la mesure de leur effet d’entraînement sur l’économie française) a remis ses conclusions. Son rapport* de 400 pages dresse un état des lieux critique de la commande publique et formule 67 propositions pour en améliorer l’efficacité.
Ce rapport sénatorial intervient dans un contexte où la révision des directives européennes en matière de marchés publics est attendue (voir notre fiche « Février 2025 - Que sait-on de la révision des directives ? »).
Le rapport en quelques points saillants
Le rapport alerte sur l’absence de pilotage clair au niveau national. Ni la Direction des achats de l’État (DAE), ni la Direction des affaires juridiques (DAJ), ni la Direction de l’offre de soins (DGOS) ne portent ce rôle stratégique.
Le rapport souligne le manque d’exemplarité de l’Etat et les difficultés d’application des mesures environnementales par les acheteurs publics, notamment à l’approche de l’entrée en vigueur pour tous les pouvoirs adjudicateurs de la loi « Climat et résilience » (en août 2026).
La commission relève, tout d’abord, que le secteur de la commande publique regorge de bonnes pratiques. Elle constate, cependant, une forte disparité dans la professionnalisation de la fonction achat, les plus petites collectivités étant démunies face à cette montée en compétences : moins de 10 % des maires interrogés disent disposer d’un acheteur professionnel.
Le rapport dénonce le manque de cohérence de l’Etat dans la protection des données sensibles, en particulier lorsqu’il s’agit de soutenir les acteurs européens du cloud. Dans un contexte géopolitique tendu, la commission d’enquête appelle le gouvernement français à garantir les souverainetés numériques française et européenne.
Face à des pays qui assument leur protectionnisme économique, comme les Etats-Unis à travers le Buy American Act, la commission appelle les décideurs politiques à une préférence européenne.
La commission d’enquête souligne l’inadéquation existante entre la commande publique et les start-ups. Elle regrette que seuls 1,5 milliard d’euros de la commande publique en 2022 soit allé à des start-ups.
Le rapport alerte sur la crainte qu’ont les acheteurs de recourir aux variantes et l’impact délétère des retards de paiement, notamment pour les TPE et PME.
* https://www.senat.fr/travaux-parlementaires/structures-temporaires/commissions-denquete/commission-denquete-sur-les-couts-et-les-modalites-effectifs-de-la-commande-publique-et-la-mesure-de-leur-effet-dentrainement-sur-leconomie-francaise.html

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