La CAA (cour administrative d'appel) de Marseille nous éclaire sur le sujet dans son arrêt du 29 avril 2026, n° 26MA01096.

Contexte

Un syndicat mixte avait conclu un contrat de concession pour l'exploitation d'un service. Les recettes usagers ne couvraient qu'environ 30 %du chiffre d'affaires du titulaire, la collectivité couvrant la totalité du déficit prévisionnel via une « subvention d'exploitation ».

 

Décryptage

–     Le  critère de distinction entre concession et marché public est le transfert  d'un risque d'exploitation réel et significatif au titulaire.

–     Lorsqu'une  subvention couvre la totalité du déficit prévisible, le titulaire n'est exposé  à aucun aléa économique : le contrat doit être requalifié en marché public.

–     Une  requalification entraîne un détournement de procédure susceptible d'entraîner  l'annulation du contrat.

Portée juridique

–     Critère  légal : article L. 1121-1 CCP – le concessionnaire doit supporter le risque  lié à l'exploitation.

–     La CAA  retient que 30 % de recettes propres ne constitue pas une exposition  significative au risque dès lors que le déficit est entièrement garanti.

–     La  notion de « subvention d'exploitation » est indifférente à la qualification :  c'est la réalité économique du risque qui prime sur l'intitulé du versement.

–     Conséquence  : annulation possible du contrat et obligation de relancer une procédure de  marché public.

Réflexes pratiques

–     Avant de  choisir le régime concessionnaire, réaliser une analyse financière  prospective : si le déficit prévisionnel est couvert à plus de 70-80 % par la  collectivité, la qualification est risquée.

–     Éviter  les mécanismes de garantie totale de recettes ou de couverture intégrale du  déficit : préférer des mécanismes de compensation partielle avec plafond.

–     En cas  de doute sur la qualification, consulter le service juridique avant la mise  en concurrence : le coût d'une requalification (annulation, réparation,  relance de procédure) est sans commune mesure avec le coût d'un conseil  préventif.

–     Documenter  rigoureusement l'analyse du risque dans les pièces de la procédure.

 

 

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