Non, et c'est une évolution jurisprudentielle majeure à connaître.
En principe, le recours « Tarn-et-Garonne » (CE, 4 avril 2014) permet à tout tiers lésé de contester la validité d'un contrat administratif devant le juge. Le délai pour agir est de deux mois à compter des mesures de publicité appropriées entourant la conclusion du contrat (avis d'attribution, publication au BOAMP, etc.).
Mais que se passe-t-il si ces mesures de publicité font défaut ou sont insuffisantes ? Pendant longtemps, le délai de recours ne courait tout simplement pas, exposant l'acheteur à une contestation indéfinie dans le temps.
Ce risque a été considérablement réduit par l'application de la jurisprudence Czabaj (CE, 13 juillet 2016, n° 387763) au contentieux contractuel. Par deux décisions du 19 juillet 2023, le Conseil d'État a en effet « czabajisé » le recours Tarn-et-Garonne : en l'absence de publicité adéquate, le juge applique désormais un délai indicatif d'un an au-delà duquel le recours est en principe irrecevable — sauf circonstances particulières appréciées au cas par cas.
Ce que cela change concrètement pour les acheteurs :
⚠ Cette construction prétorienne est propre à la juridiction administrative. La Cour de cassation a refusé de l'adopter, et la CEDH a, dans certaines affaires, sanctionné l'application rétroactive de ce revirement aux litiges en cours au moment de l'arrêt Czabaj.
Sources :
