Flambée des prix des matières premières liée au conflit au Moyen-Orient et modification des contrats publics en cours.
Plusieurs leviers juridiques peuvent être mobilisés par les acheteurs publics confrontés à des difficultés d'exécution liées à la hausse des prix ou aux tensions d'approvisionnement résultant du conflit en Iran. Une circulaire du Premier ministre Sébastien Lecornu (n° 6529/SG du 24 avril 2026) est venue rappeler et actualiser ces outils, en remplacement d'une circulaire similaire adoptée en 2022 dans le contexte de la guerre en Ukraine.
Contenu de la circulaire Lecornu
Cette circulaire s'adresse aux préfets et leur rappelle les outils juridiques à disposition des acheteurs publics pour faire face aux difficultés d'exécution des marchés causées par la hausse des prix des matières premières et les pénuries d'approvisionnement liées au conflit au Moyen-Orient.
Elle n'invente aucune règle nouvelle : elle recense et clarifie les mécanismes existants du Code de la commande publique, en invitant les acheteurs à s'en emparer activement. Elle charge également les préfets de sensibiliser les collectivités locales et leurs établissements publics à ces règles.
Par rapport à la circulaire de 2022, adoptée dans un contexte similaire (guerre en Ukraine), elle apporte une différence notable : l'exonération automatique des pénalités de retard et la possibilité d'exécution aux frais et risques du titulaire ne sont plus prévues pour les contrats en cours. Les titulaires de marchés ne peuvent donc plus s'en prévaloir sur ce seul fondement.
Outils disponibles
Plusieurs mécanismes peuvent être utilisés, selon la situation :
Des points de vigilance à garder en tête
Ces adaptations ne sont jamais automatiques, elles supposent toujours l'accord de l'autorité contractante et ne constituent pas un droit pour le titulaire du marché. Par ailleurs, la circulaire de 2026 ne reprend pas l'une des dispositions de 2022 : l'exonération des pénalités de retard ou de l'exécution aux frais et risques du titulaire ne s'applique plus aux contrats en cours dans ce nouveau cadre.
Les préfets ont été invités à relayer ces orientations auprès des collectivités locales et de leurs établissements publics.
